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L’influence du Web sur le journalisme print : l’avis d’Amélie Péroz

par | 6-12-21 | Paroles d'experts | 0 commentaires

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Quand j’ai commencé à m’intéresser à la rédaction web, je pensais qu’il suffisait de savoir aligner des mots pour écrire un article. Pourtant, j’ai découvert un univers bien plus contraignant qu’il n’y parait en termes de visibilité sur internet. Qu’en est-il pour les journalistes. Le web a-t-il influencé leur façon d’écrire ? Si oui, quelle est l’influence du web sur le journalisme print ? Pour le savoir, j’ai fait appel à l’une d’entre eux : Amélie Péroz

Journalisme et influence web : Point de vue d’Amélie Péroz

 

Amélie est journaliste depuis plus de 20 ans en Picardie. Le journal papier, pour lequel elle écrit, est localisé à Amiens. Elle s’applique à présenter à ses lecteurs les partenaires économiques des départements de la Somme, de l’Aisne et de l’Oise.

De journaliste print à journaliste web

Si ses études universitaires ont confirmé son goût pour l’écriture, c’est en devenant journaliste que son style s’est affirmé. L’opportunité d’intégrer l’équipe rédactionnelle de Picardie La gazette lui a permis d’allier son plaisir d’écrire, de rendre compte et d’informer.

L’évolution du métier de journaliste, on peut dire qu’elle l’a vécue de plein fouet, car entre ses débuts et aujourd’hui, internet est passé par là.

L’objectif du journal, étant de relater les projets et l’actualité entrepreneuriale des 3 départements de référence (Aisne, Oise et Somme), les articles d’Amélie sont essentiellement à visée économique. Elle rédige sur toutes les thématiques, bien que ses sujets de prédilection soient l’environnement et le bio.

Ses journées ne se ressemblent pas. D’un côté, il y a les rencontres avec les professionnels, les dirigeants d’associations, de TPE ou PME et les commerçants locaux. De l’autre, il lui reste toute la partie rédactionnelle, la correction, la mise en page de ses différents articles et la validation du journal.

Lors de notre rencontre du 10 septembre, nous avons échangé sur sa manière d’exercer sa profession de journaliste à l’heure du web 2.0.

Le web a-t-il changé la donne ?

L’influence du web sur le journalisme print est une réalité.

« Oui, j’ai d’ailleurs suivi une formation SEO (Search Engine Optimisation). Il y a d’abord eu une grosse partie sur le Community management. Le formateur nous a donné une vision globale de ce qui se passe sur internet et comment être visible. Il nous a montré comment ça se structurait. Puis il a fait un focus sur la rédaction web. Je ne suis pas très versée dans ce monde-là, mais ça m’intéresse tout de même, alors c’était plutôt enrichissant. Finalement le référencement SEO, c’est ce qu’on fait naturellement quand on écrit » m’a répondu Amélie.

Pour les néophytes, le SEO est une batterie de techniques rédactionnelles à mettre en place pour qu’un site internet soit le mieux référencé possible sur les différents moteurs de recherche et Google en particulier. Mais précisons tout de même que la partie éditoriale n’est qu’un des piliers du SEO. (Lien vers l’article : Les essentiels à connaître en SEO)

L’optimisation des articles : une réalité ou pas dans la presse écrite ?

Étant autodidacte, Amélie continue à sa façon de diffuser l’information territoriale. Malgré les évolutions digitales de la dernière décennie, elle n’a pas fondamentalement changé son rapport à l’écriture. Cependant, elle doit bien le reconnaître, elle a dû s’adapter quelque peu à l’influence du web sur son média papier.

Le titre, l’accroche, le chapô sont des éléments phares de la rédaction print, comme de la rédaction web. Le but est identique : accrocher le lecteur et le garder jusqu’à la dernière ligne. C’est une question de bon sens selon Amélie.

Un titre se doit d’être court et percutant et cela avant même l’essor du web. Par contre, elle avoue avoir augmenté le nombre de mots de ses interlignes. Ces derniers sont devenus plus longs dans l’ensemble et plus descriptifs. Ils permettent ainsi le positionnement de mots-clés de longue traîne également nécessaires au référencement naturel.

Pour chaque sujet traité, elle mentionne désormais le lieu. Un incontournable pour la localisation sur les réseaux sociaux. Ce qu’elle n’avait pas à faire auparavant pour la version papier puisque le journal est territorialisé.

Le lecteur n’étant pas réfractaire à la lecture comme on pourrait le penser, ses articles restent plus ou moins longs. Elle peut rédiger jusqu’à 6000 signes par article.

Évidemment, en sachant l’importance des mots-clés, elle s’applique à rechercher celui qui fera mouche dans son titre et tout au long de son article. Elle évite bien sûr les jeux de mots que les algorithmes ne comprendraient pas.

Dans l’ensemble, nous l’aurons bien compris, que ce soit sur la forme comme sur le fond, Amélie n’a pas drastiquement changé sa façon d’écrire, son style rédactionnel et la structuration de son contenu éditorial.

L’influence de la rédaction web sur le journalisme : une réalité

 

Quelles différences entre le journalisme print et la rédaction web ?

La rédaction web et la rédaction journalistique : même métier ? La diffusion de contenus rédactionnels sur le web pour informer des clients, des prospects et simplement des internautes peut-elle être considéré comme du journalisme ? Il s’agit là d’un autre débat, mais voici déjà ce qui différencie les 2 métiers.

Contrairement à Amélie une rédactrice web :

  • répond à des requêtes d’internautes. Amélie écrit avant tout pour son lecteur, pas pour des algorithmes. Elle transmet l’information. Sa priorité est de répondre à l’attente du lecteur, abonné au journal.
  • écrit pour vendre, pour appeler à l’action dans la plupart des cas.
  • passe au peigne fin son article sur l’extension Yoast d’un site WordPress ou tout autre outil de référencement pour s’assurer de la lisibilité et de la visibilité de son écrit.

Ce qui prend une heure à Amélie (interview – rédaction) pourrait se transformer en 3 pour une rédactrice web. Si l’on considère les règles de rédaction web, l’enrichissement du champ sémantique, les temps de recherches sur le sujet, les requêtes pour répondre au public cible, les mots-clés principaux et de longue traîne, puis la rédaction d’un article de 1200 à 1500 mots. Le temps passé est plus du double, et cela malgré l’expérience.

Les réseaux sociaux : quels rôles et quelle place ?

Le journal d’Amélie ne fait pas exception à la règle. Pour une poursuite pérenne de l’activité, la visibilité en est la clé. Et celle-ci se joue avant tout sur les réseaux sociaux.

Amélie a donc développé sa communication sur les réseaux, LinkedIn en particulier, le réseau social des professionnels. Cela lui permet davantage d’interactions avec ses lecteurs ou ses futurs interviewés.

Elle fait découvrir plusieurs fois par semaine à ses abonnés les sorties de quelques-uns de ses articles. La viralité fait le reste. Cette nouvelle manière de rentrer en contact avec des entrepreneurs ou des lecteurs a diversifié et étendu son réseau professionnel.

C’est un fait : les réseaux sociaux véhiculent l’information. Articles du blog, pages du site internet, images ou vidéos doivent être vus pour inciter les lecteurs à s’abonner à l’hebdomadaire. C’est pourquoi une Community manager a rejoint l’équipe. En gérant la partie communication digitale du journal sur les réseaux sociaux, elle renforce la diffusion des articles et l’image du journal. Ce qui ne fait pas partie des missions d’Amélie. Le web influence bel et bien le print via l’utilisation des réseaux sociaux.

En conclusion

A l’heure où selon une étude de l’agence Reuters, 71 % des Français s’informent via les médias audiovisuels et 68 % par les réseaux sociaux, quelle marge de manœuvre reste-t-il aux journaux et magazines ?

Infime pour certains, qui annoncent depuis longtemps la fin de la presse écrite. Une marge de progression pour d’autres, qui considèrent les réseaux sociaux comme un levier marketing.

Les journaux jouent désormais la carte de la complémentarité avec le web pour limiter les pertes. Il semblerait que ce soit une question de survie. L’influence du web sur le print est donc bien réelle.

Une chose est sûre, le print comme le web se doivent d’être utiles au travers d’articles concis et clairs, tout en respectant la ligne éditoriale définie en amont. Ce n’est pas Amélie qui me dira le contraire.

Vous aimez les portraits de mes experts ? Lisez le portrait d’Emma Nübel.

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