Valérie Dumange rédaction web - plume

Épisode 11 : Pas de chichis entre nous

par | 10-08-22 | Roman en cours | 0 commentaires

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Pas de chichis entre nous

Mon très cher Claude,

Votre lettre à peine reçue, je prends au plus vite la plume pour vous répondre puisque… je vous sens très impatient de me lire.

Néanmoins, avant d’aller plus loin, j’ai tout de même une question à vous poser : auriez-vous été enfant de chœur, mon p’tit Claude ? Non pas, parce que vous n’êtes pas un homme à femmes (autorisez-moi ce petit trait d’humour… noir, en ces temps difficiles pour notre bonne vieille église catholique), mais parce qu’il me semble que vous avez une forte inclination (dois-je vous avouer l’image qui me vient en tête ?) à la confession, comme moi aux jeux de mots.

Veuillez, je vous en supplie (et ça continue) lire à travers mes paroles plus d’espièglerie que de désobligeance.

Encore une chose, mon p’tit Claude

[ça ne vous gêne pas trop cette familiarité que votre prénom m’inspire ? Cette fois-ci ce n’est pas la faute de l’église (bien que…), mais d’Eddy Mitchell, pas pour son « Pas de boogie-woogie », mais pour son « P’tit Claude », l’avez-vous lu d’ailleurs ?]

Je reprends ma phrase qu’une autre a malencontreusement interrompue… Mon p’tit Claude, arrêtez de vous autoflageller avec votre écriture. N’avez-vous pas constaté mes pattes de mouche !

D’autre part, quand bien même nos écritures n’auraient plus la beauté de leurs jeunesses, je leur préfère leur naturel au numérique. Il parait qu’elles en disent beaucoup de nous-mêmes. Tiens, un thème tout trouvé pour un prochain emprunt à la médiathèque et une occasion d’en reparler.

Maintenant concernant votre côté écolo bobo ou bobo écolo, je peux vous dire qu’il me convient bien. Je tente depuis des années déjà d’être plus attentionnée envers notre planète.

Respectueuse, je l’étais déjà bien avant toutes les récentes prises de conscience. Une question d’éducation, je crois.

J’ai appris à ne pas jeter mes papiers par la fenêtre, à ne pas laisser couler l’eau du robinet pendant que je me lave les dents, à éteindre les lumières quand je quitte une pièce, à utiliser les restes pour confectionner un dernier diner et éviter tout gaspillage alimentaire, à jardiner et à cultiver quelques fruits et légumes… pour faire des conserves et des confitures. Une vraie femme de la terre. Je souris tout en écrivant cela, car mes parents n’en reviendraient pas de m’entendre parler ainsi. Ils m’ont toujours prise pour une citadine. Petite, je refusais de mettre mes mains dans la terre, alors qu’elle se transmettait de génération en génération (jusqu’à ma venue).

Je contribue donc à une toute petite échelle, comme mes aïeux avant moi, à préserver notre terre. Pourtant mes petits gestes me semblent bien dérisoires…, non ?

Alors vous imaginez bien que votre histoire de papier recyclé et d’encre végétale, ça me parle. Et parce que j’aimerais bien m’y mettre, je vais profiter de ma prochaine visite à la médiathèque pour chercher des recettes de fabrication, à moins que vous en ayez à me transmettre.

Ah, la médiathèque ! J’y suis bien allée mercredi pour le club de lecture. J’ai écouté les uns, les autres, sans même intervenir. L’ambiance est de plus en plus pesante. Nous avons de prochaines manifestations à organiser et je n’ai même plus envie de m’investir.

Deux mots à Karine et je suis très vite repartie.

Et puis je dois bien le dire, j’étais un peu déçue…

Aucune autre personne (que Becky et vous) ne s’est manifestée pour une éventuelle correspondance, pire, mon annonce a disparue !

Je vais donc mener mon enquête et peut-être même me remettre à lire Agatha Christie ou Simenon ! Il me semble avoir compris que vous appréciez cette littérature-là ?

Vous ai-je déjà parlé de Becky ?

Elle fut la première à répondre à mon annonce. Et tout comme vous, elle n’a aucunement besoin de mes services de… correctrice. Elle étudie les Lettres à l’université.

Et ce n’est pas tout, elle est bilingue par sa mère, qui est anglaise. Elle en aura certainement plus à m’apprendre que le contraire.

D’ailleurs, dans mon dernier courrier, je me sentais si petite à côté d’elle que je n’ai pas su lui parler d’autre chose que des ragots de la médiathèque de Palinier. Je me suis retrouvée à écrire des commérages, comme lorsque j’avais… 19 ans, son âge !

Pathétique !

Et puisque vous me parlez du Rougaillou, sachez qu’elle travaille tout l’été comme serveuse « Au bord de l’eau ».

J’aime beaucoup cet endroit avec l’étang d’un côté et le parc de l’autre. Nous y allions régulièrement avec Paul le dimanche.

Après un bon repas, gastronome comme il était, nous finissions toujours sur la piste de danse : valse, tango, salsa ou rock, rien ne nous faisait peur. Et sans me vanter, je crois bien que nous étions l’un des plus beaux couples de danseurs de la piste.

Tout ça pour en arriver à vous divulguer mon péché mignon : la danse. Un, deux, trois… un, deux, trois… J’ai la tête qui tourne, rien que d’y penser.

Enfant, j’ai fait de la danse classique et du piano, une vraie petite fille modèle. Fille unique, j’étais la poupée de la maison.

Et voilà de nouveau les souvenirs qui reviennent… au galop, bien que du galop, je n’en ai jamais fait. J’ai une peur bleue des chevaux et même des animaux en général.

J’ai souvent entendu dire que les gens qui n’aiment pas les animaux n’aiment pas les gens. Et bien, détrompez-vous, j’aime les gens… enfin, ceux qui me le rendent bien !

Alors, Claude, je vous en prie, pas de gêne entre nous, s’il vous plaît et décrispez votre main dès vos premiers mots.

Nous avons décidé d’un commun accord de nous lancer dans cette aventure épistolaire afin d’illuminer nos vies de veuve et veuf éperdus, donc poursuivons avec le plaisir qu’elle nous apporte sans rien nous imposer et encore moins la peur de nous décevoir.

Pour ma part, je vous l’affirme haut et fort (c’est possible à l’écrit ?) que je suis très heureuse de vous lire et de vous répondre. Vous l’avez compris, je suppose.

Mais aujourd’hui, ce n’est pas depuis mon jardin que je vous écris, puisque la pluie est revenue abreuver nos jardins. Il était temps.

Comme vous l’avez constaté à l’adresse d’expédition, je n’habite pas Palinier, mais à quelques kilomètres dans le charmant village de Lubac. Connaissez-vous ? Fin limier de chemins de randonnée, vous avez certainement déjà dû emprunter nos engageants sentiers, non ? Il parait que la ravissante Comtesse de Lubac (d’où le nom du village, vous le saviez peut-être déjà) en des temps anciens y retrouvait ses amants… Je n’ai jamais osé m’y aventurer (je n’avais pas d’amant !) et encore moins seule… de peur d’y faire de mauvaises rencontres.

J’ai découvert que votre prénom Claude est un dérivé de Claudius, qui veut dire « boiteux ». Est-ce pour conjurer le sort (encore une pratique religieuse !) que vous vous êtes mis à la marche ?

Désolée une fois de plus, je ne peux m’empêcher de m’exprimer avec dérision !

Après vous avoir avoué ma peur d’être seule face à des personnes malveillantes, vous imaginez à quel point vivre seule dans ma maison m’a été difficile. Mais comme il s’agit de celle de mon enfance, je m’y sens mieux que partout ailleurs.

En fait, je la quitte rarement. Je vis avec mes fantômes. Je vous rassure, ils sont plutôt accommodants.

La pandémie n’est pas la seule raison de mon amour pour le confinement. La maladie de Paul, bien sûr, longue et éprouvante (pour lui plus que pour moi avec tous les traitements), le décès, le deuil puis son acceptation y sont pour beaucoup.

Bref, j’y reviens toujours…

Marcher, arpenter les montagnes et respirer le grand air, que cela doit être merveilleux. Je n’ai pas eu la chance de voyager beaucoup, encore moins de découvrir le monde. Ce que j’en connais, c’est par les reportages ou les ouvrages. J’ai emprunté dernièrement « Les chemins du sacré » de Frédéric Lenoir. Les photos y sont magnifiques.

Si j’avais un souhait à formuler, ce serait celui de me rendre au Japon, pas le Japon moderne, mais le traditionnel avec ses jardins zen, ses temples, ses pagodes, ses thés et ses… kimonos !

Mais il est déjà tard, je me suis encore laissée emporter par les mots et la joie de bavarder…

Allez, mon p’tit Claude, je dois encore vous avouer une chose : je suis très impatiente de vous lire prochainement… si mon humour… noir et ma familiarité ne vous ont pas excédé !

Bien à vous,

Constance, la bavarde

 

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